Le travail des femmes : parité ou précarité ?
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Le 6 juin 2000 était votée la loi sur la parité visant à accorder un égal accès des hommes et des femmes aux fonctions politiques. Depuis, avec 44 % d’élues, la France fait figure de bonne élève.
Six ans plus tard, la loi relative à l’égalité salariale entre hommes et femmes n’a pas eu le même succès : dans le monde du travail, la parité est loin d’être acquise.
Quels emplois pour les femmes ?
Avec un taux d’activité passé de 51% à près de 64% entre 1975 et 2005 (source : Insee), les femmes françaises sont de loin les Européennes les plus actives. Le signe que le travail des femmes est reconnu à sa juste valeur ? Pas si sûr.
Bien qu’elles soient proportionnellement plus nombreuses que les hommes à suivre des études supérieures, les femmes demeurent moins présentes dans les filières les plus cotées et on ne les retrouve que rarement à des postes d’encadrement et de direction. Elles exercent le plus souvent un métier dans le secteur tertiaire (73,9% travaillent dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale) et ont à près de 50% le statut d’employées.
Même dans la fonction publique, où près de 60% des emplois sont occupés par des femmes, seules 10 % d’entre elles accèdent à la haute administration centrale.
Cette répartition des emplois entre « vertus viriles » et « vertus féminines » amène d’importantes disparités de rémunération entre les hommes et les femmes.
Quels salaires pour les femmes ?
Pour lutter contre ces disparités, une loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes a été votée le 23 mars 2006. Elle s’articule autour de deux axes principaux : la suppression des écarts de rémunération et la conciliation entre l'activité professionnelle et la vie familiale. Malgré ces efforts, et même si les écart se réduisent, à poste égal et compétences égales, les femmes sont moins rémunérées que leurs homologues masculins.
Ainsi, en mars 2002, le salaire net médian des femmes est en moyenne inférieur de 21 % à celui des hommes (source : PNAE, Plan National d’Action pour l’Emploi). Un chiffre que l’Observatoire des Inégalités corrige à la hausse en 2006 : en prenant en compte les emplois à temps partiels (où les femmes sont majoritaires) dans le calcul de l’écart moyen de salaires entre hommes et femmes, l’écart atteint les 40 %.
Le chiffre avancé par l’Observatoire des Inégalités prend tout son sens puisque 30% des femmes exercent un emploi à temps partiel (comme les contrats à durée déterminée, les stages et emplois aidés) contre un peu plus de 5% des hommes.
Si le nombre de femmes actives ne cesse d’augmenter, elles restent néanmoins fragiles et sont les premières touchées en cas de crise : selon l’Insee, en 2005, les demandeurs d’emploi étaient à 10,8% des femmes et à 9% des hommes.
Contrats précaires, faibles salaires, chômage… Pas de doute, la situation des femmes au travail a évolué mais de nombreux progrès restent à faire. Et si certaines parviennent à faire jeu égal avec les hommes, pour la majorité des femmes, la parité est encore loin d’être d’actualité.
